Genève · Département de Kaolack, Sénégal
Apprendre à faire du pain avec les céréales qui poussent ici.
Kaolack cultive du mil et du sorgho, et achète à l’étranger la farine de son pain. Un centre y formera des jeunes à la boulangerie avec les céréales du département — un métier, et une filière qui reste sur place. L’idée ne vient pas de Genève : elle vient de Kaolack.
Genève · 28 août 2026

Vous arrivez d’une bouteille ?
Alors vous avez déjà fait quelque chose. Le bissap et le jus de gingembre sont vendus à Genève au profit de ce projet : chaque bouteille contribue à la formation de jeunes boulangers à Kaolack. En boire, en offrir, en parler — c’est utile, et c’est possible dès aujourd’hui.
Genève · 28 août 2026

« Sunu Mbourou » veut dire « notre pain » en wolof.
Le nom a été donné au projet en août 2026 ; un pâtissier genevois l’a écrit au cornet le jour de cette prise de vue.
Céréales locales
80%
Mil, maïs et sorgho, cultivés dans le département
Blé importé
20%
Le pain d’aujourd’hui en dépend presque entièrement
2026Descriptif du projet, Conseil départemental de Kaolack
Pourquoi ce projet, et pourquoi là
Cinq constats qui n’en font qu’un
Aucun de ces constats n’est le nôtre. Tous sont écrits noir sur blanc dans le plan de développement que le département s’est donné.
- 01
Le département produit des céréales
Mil, maïs, sorgho, arachide, riz, manioc, niébé. En une campagne : soixante mille tonnes de mil, quarante-quatre mille de maïs, quinze mille de sorgho.
- 02
Mais il transforme peu, et vend mal ce qu’il transforme
Le plan reconnaît quelques unités de transformation, puis nomme ce qui manque : de quoi conserver les produits, et un débouché pour ce qui est transformé.
« problème de commercialisation des produits agricoles transformés »
- 03
Les denrées de base viennent d’ailleurs
Les grossistes du département s’approvisionnent directement auprès des importateurs pour les denrées de première nécessité. Le travail de transformation, et l’argent qu’il rapporte, se fait donc ailleurs aussi.
- 04
Et personne ne forme aux métiers artisanaux
Le département l’écrit lui-même — deux fois dans la même liste de ce qui lui manque.
« Absence de centres de formation aux métiers artisanaux »
- 05
Les jeunes n’ont ni emploi, ni financement
L’âge moyen est de vingt-trois ans. Le plan énonce un « fort taux de chômage chez les jeunes » et la « difficulté d’accès aux financements ».
« fort taux de chômage chez les jeunes »
Le maillon manquant
Une école de boulangerie adossée à la filière céréalière est à la fois un centre de formation à un métier porteur, une unité de transformation agricole, et un débouché d’emploi.
Absence de centres de formation aux métiers artisanaux
Les secteurs productifs et d’appui à la production souffrent d’énormes problèmes liés d’une part à la pratique rudimentaire des acteurs et d’autre part à leur manque d’encadrement.
Illustration

Le sorgho — que le département produit déjà, et qu’il ne transforme pas encore.
Ce que le projet met en place
Trois composantes qui se financent l’une l’autre
La deuxième surprend — et c’est elle qui permet au reste de tenir : le restaurant-école gagne l’argent qui fait vivre la formation.
- 01
Boulangerie et agro-transformation
Centre de formation
Une approche duale — théorie, pratique, immersion en entreprise — organisée en huit modules, du geste de panification à la maintenance des équipements. La formation porte sur la transformation des céréales produites sur place.
- 02
École-entreprise
Restaurant à volaille
Une unité à la fois pédagogique et économique : elle forme à la restauration et à la transformation des produits avicoles, et elle génère les revenus qui financent le fonctionnement du centre. C’est la composante qui rend le dispositif durable sans subvention permanente.
- 03
Production agroécologique
Pôle maraîcher et arboricole
Le maillon amont : produire sur place une partie des intrants, former aux pratiques agroécologiques, et diversifier les revenus du site.

Le projet en quatre données
Ce qui est visé
Le territoire
Kaolack, carrefour du Sine Saloum
Le projet est conduit par la collectivité qui administre le département, avec un conseil élu de 80 personnes.
Qui porte le projet
Chacun à sa place
Le projet est conduit à Kaolack par le Conseil départemental et les quatre communes réunies dans le groupement Naatal Kaolack, avec les artisans boulangers de Genève. Une association genevoise est en cours de création pour le soutenir depuis la Suisse : faire connaître le projet et réunir des fonds.
Chacun fait ce qu’il sait faire, là où il est. Rien ne se décide à Genève pour Kaolack.
Sunu Mbourou